Prévention des TMS
Comment agir et réduire les troubles musculo-squelettiques ?





Un mal reconnu mais encore sous-estimé

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) restent encore à l’heure actuelle un sujet préoccupant au travail.

Il s’agit de la première cause de maladies professionnelles, soit en moyenne 90 % d’entre elles.

Les troubles musculo-squelettiques sont principalement recensés dans les secteurs à forte pénibilité, comme le BTP ou l’industrie mais peuvent se développer dans des secteurs à moindre pénibilité comme dans les métiers de services.

De ce fait les anticiper est un enjeu crucial pour les organisations, que ce soit pour la performance de celle-ci sur le moyen et long terme ainsi que pour le bien-être de ses collaborateurs.

1 - Comment reconnaître les troubles musculosquelettiques (TMS) ?

a) Qu'est-ce que c'est un TMS ?


Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont des pathologies multifactorielles, localisées au niveau des membres supérieurs et inférieurs de la colonne vertébrale. Ils affectent les muscles, les tendons et les nerfs, dont les tissus mous. L’activité professionnelle peut jouer un rôle dans la genèse, le maintien ou l'aggravation de ces pathologies.

Indépendamment de leurs effets sur la santé, les TMS ont un impact sur la performance des entreprises. Ils impactent à la hausse l'absentéisme, le turnover ainsi que la santé des collaborateurs.


Quels sont les principaux symptômes ?

Les causes d’apparition des TMS sont généralement liées à :
🔶 Des mouvements répétitifs
🔶 Une sédentarité prolongée
🔶 Des gestes inadaptés
🔶 Des risques psycho-sociaux(problèmes personnels, stress au travail, Burn-out…)


Un environnement de travail ou un poste de travail mal adapté peuvent avoir des conséquences sur la santé des salariés :
🔶 Mal-être personnel
🔶 Apparition de maladies professionnelles (TMS).
🔶 Absentéisme accru.
🔶 Gènes physiques et douleurs

Tous ces symptômes vont avoir un impact sur la santé des collaborateurs, mais également pour l’entreprise. Par exemple, cela peut impacter la réputation de celle-ci (retard de production, baisse de qualité, perte de confiance de la part des clients, etc.), ainsi que sa santé financière (coût humain, coût direct lié à un accident/maladie professionnelle, coût indirect pour pallier les problèmes de production).
Toutefois ils peuvent être diminués, voire éliminés grâce à l’ergonomie des postes de travail et par le biais d’une activité physique adaptée aux contraintes des collaborateurs.

Mais avant d'agir sur les Troubles Musculosquelettiques au travail, l'entreprise doit être capable dans un premier temps de les diagnostiquer.


b) Comment diagnostiquer les TMS ?


Pour diagnostiquer les TMS, les entreprises ont plusieurs leviers.

Cela peut passer par les études de poste via de l’ergonomie, ce qui permet de définir les risques d’expositions aux TMS selon les activités de l’entreprise.

La médecine du travail peut également accompagner ce type de démarche par le biais des visites médicales. En fonction des résultats de celle-ci, des examens complémentaires peuvent être menés (pour s’assurer de l’origine des troubles musculosquelettiques).
Il est également possible d’effectuer un auto-diagnostic par le biais de questionnaires, tel que celui-ci mis à disposition par l’ANACT.


À la suite de ce diagnostic, selon l’organisation de votre entreprise, il sera possible d’agir sur différents leviers, tels que :
🔶 La réduction des contraintes physique,
🔶 L’aménagement du poste de travail,
🔶 La mise en place de solution et l'organisation de la production par de l’ergonomie ou de la robotisation,
🔶 La mise en place de démarches centrées sur l’humain, pour prévenir les risques physiques (échauffements, renforcement musculaire, étirements, …)


Enfin, pour assurer une prévention sur la durée, il sera nécessaire d’évaluer l’impact des mesures mises en place dans l’entreprise, afin de justifier de leur efficacité et pouvoir effectuer des ajustements dans la durée selon les besoins.



2 – Comment réduire les principaux TMS ?

Afin de vous permettre d'agir, vous trouverez ci-dessous des conseils pour traiter les principaux TMS que l'on peut observer chez nos clients. Cette liste n'est pas exhautives et vise simplement à vous donner des exemples de plan d'action et des bénéfices attendus.

a) Problèmes Lombalgiques


La lombalgie (ou mal de dos) constitue un problème majeur de santé publique. Elle se définit par une douleur localisée au dos entre la 12e vertèbre thoracique et le pli interfessier. Il existe plusieurs douleurs lombalgiques, on distingue les lombalgies spécifiques des lombalgies associées à une irradiation et les lombalgies non spécifiques ou lombalgies communes. La lombalgie est traditionnellement qualifiée d’aiguë lorsque les symptômes durent depuis moins de trois mois, et de chronique au-delà de trois mois.

Plus de la moitié des Français âgés de 30 à 54 ans déclarent avoir souffert de lombalgies au moins un jour dans l’année.

Afin de pouvoir prévenir cette problématique il faudrait axer la prévention sur de l’ergonomie au poste ainsi que de la préparation physique adaptée aux activités de vos collaborateurs. Pour les métiers tertiaires en plus d’une sensibilisation aux risques de TMS et de l’ergonomie au poste, la mise en place d’éveils musculaires peut permettre une prévention sur la durée.


b) Cervicalgies

Les problèmes liés aux cervicales sont principalement rencontrés dans les métiers du tertiaire où la mobilité au poste de travail est assez restreinte.


Voici quelques habitudes à modifier afin de limiter les blessures cervigalaires :


🔶 Exercer sa musculature des cervicales soi-même avec de légers exercices appris lors d’une démarche externe (par exemple, par un prestataire compétent).
🔶 Maintenir une posture adéquate lors de vos lectures et de votre travail sur poste informatique.
🔶 Dans vos activités du quotidien, pensez à bien positionner votre tête et votre cou. (loisirs, conduite…).
🔶 Pour les personnes souffrant de troubles du stress, faites des exercices pour vous détendre (voir nos modules de gestion du stress ou Tensions musculaire & Mal de Dos)
🔶 lors du maintien de la tête dans une position précise pendant une longue période, les cervicales ont besoin de légère pause afin de pouvoir prendre un peu de répit.
🔶 Avoir une literie assez ferme pour renforcer vos cervicales et dormir sur le dos.


c) Syndrome du canal carpien au poignet

Il est possible de limiter la survenue ou l’aggravation d'un syndrome du canal carpien, qu'il soit lié à l'activité professionnelle ou non. Et ce, en corrigeant certains gestes et certaines postures lors de ses activités quotidiennes et/ou professionnelles.


Voici quelques conseils que vous pouvez suivre pour prévenir le syndrome du canal carpien :


🔶lorsque vous utilisez vos mains, positionnez-les dans le prolongement de vos avant-bras ou en légère extension
🔶étirez vos mains et doigts régulièrement
🔶evitez les gestes trop répétitifs au niveau des poignets

d) Syndrome de la coiffe des rotateurs à l'épaule

Comme toute articulation, l’épaule est soumise à l’apparition de TMS, ce qui peut rendre les mouvements du quotidien difficiles et douloureux.

Une lésion au niveau de l’épaule se caractérise par des douleurs lors de l’élévation du bras, une raideur dans l’épaule pendant la rotation et l’élévation du bras ou encore une diminution de la force. Les douleurs sont souvent plus présentes la nuit.

Cette douleur apparaît à la suite de nombreux efforts répétitifs intenses au-dessus de l'épaule, ce qui la fragilise.
Afin de pouvoir réduire le risque de TMS au niveau des épaules, le renforcement musculaire reste le meilleur moyen de prévenir l’apparition ou l’aggravation de ce type de pathologie.


Voici quelques conseils généraux, à appliquer au travail ou durant vos loisirs, pour prévenir la survenue d'une épicondylite:
🔶Pendant l’effort, essayer de garder le coude fléchi plutôt que tendu ;
🔶Effectuer des mouvements souples plutôt que saccadés
🔶Echauffez vos épaules et coudes avant une activité contraignante

Au dela des conseils spécifiques, plusieurs solutions sont possibles pour prévenir les TMS. Celles-ci peuvent porter sur des actions collectives et/ou des actions individuelles.

Mais afin de pouvoir obtenir des résultats concrets, il faut savoir susciter l'intérêt des salariés dans les démarches de prévention mise en place. Par exemple, lorsque nous mettons en place une démarche de prévention, nous essayons de rendre les salariés acteurs, voire même autonomes.


Cela nous permet de proposer une démarche plus participative, qui consiste à former les salariés sur des pratiques d'échauffements musculaires et/ou d'éveils musculaires sur de la prise de poste par le biais de formation de relais.


Ce système permet de valoriser des salariés qui seraient effacé au sein de l’entreprise en les mettant en avant par le biais de la délégation de ce moment de bien-être et de cohésion.

3 - Les meilleures solutions pour la prévention des TMS

Adapter l’ergonomie au poste

L’ergonomie au poste de travail contribue à améliorer la santé et le bien-être des salariés au travail.
Par la mise en place de solutions adaptées et concrètes, les salariés profitent d’une meilleure qualité de vie.
Cela peut notamment se traduire par :


🔶 Une baisse du nombre de troubles musculosquelettiques .
🔶 Une réduction de l'absentéisme et des douleurs.
🔶 Une amélioration du moral des salariés.


Ces améliorations vont normalement influer positivement sur l’entreprise en améliorant les performances quotidiennes et la qualité du travail des collaborateurs.


La préparation physique adaptée au poste

Concernant la préparation physique au poste de travail, cela est souvent porté par des physiothérapeutes (kinésithérapeutes, ostéopathe) dans une logique de curation ou de prévention.

Au sein d'Alter Ego Sports, nos démarches sont essentiellement tournées sur de la préparation à la prise de poste par le biais d'échauffements musculaires en prise de poste, du renforcement musculaire ou des étirements en fin de service, afin de diminuer l’accidentologie et de faciliter la récupération.

Notre démarche comporte une spécificité : l’adaptation régulière des programmes qui sont portés en interne par des relais.

Ce procédé consiste à former des relais porteurs de la démarche afin de pouvoir en assurer la pérennité ainsi qu'à les faire vivre la démarche sur la durée avec des nouveaux programmes ou encore des évènements ponctuels (ateliers, challenges, etc.)

Ces démarches, non assimilées à du sport, sont réalisées dans le contexte du travail (tenue de travail, environnement de travail..).
À cet égard une bonne communication en amont est indispensable afin d’éviter les interprétations et de rassurer les potentiels réfractaires.

Conclusion: La prévention des TMS est une démarche vertueuse sur la durée


Comme chaque action du quotidien, afin d’obtenir des résultats, il faut savoir être patient.
Dans le cadre de la prévention il en est de même.

Un délai de 2-3 mois minimum est nécessaire pour que le corps puisse créer une routine et que les exercices soient exécutés par le principe de la mémoire musculaire avec automatisme.

Notre recul montre que nos démarches ont un réel impact en entreprise quand l’assimilation dans le temps par chaque salarié est respectée.

Afin d’endiguer au maximum les troubles musculo-squelettiques, n’attendez pas que le problème soit déjà survenu. Anticipez et mettez en place des démarches qui seront utiles au maintien du bien-être de vos salariés sur la durée. Mais en amont incluez dès le départ toutes les personnes qui seront impactées par celle-ci dans vos réflexions.

Car pour garantir la réussite de votre initiative, ce n'est pas la démarche qui va le plus compter, mais l'engagement de toutes les parties prenantes (de la direction aux salariés) dans ce changement organisationnel et culturel.